Sabrina Sirois
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Quoi qu'on dise : Les tours fantômes

Passée relativement inaperçue puisque survenue durant les vacances, la démolition de deux édifices sur la rue de la Croix-Rouge au centre-ville me fatigue un peu.

On se rappelle que la Ville les avait acquises du gouvernement fédéral en échange d’une somme de six millions. On souhaite éventuellement y établir un terminal pour le projet de SRB. Le hic, c’est que, selon ce qu’on nous a dit, le SRB n’existe plus. Alors, théoriquement, cette acquisition devenait inutile et la logique supposait qu’on dispose de ces édifices en les remettant sur le marché ou en leur donnant une autre vocation. Mais, la logique s’évapore souvent du processus décisionnel municipal et l’on a quand même procédé à la démolition des édifices.

J’ai beau chercher, je ne trouve pas vraiment de raison valable qui justifie une démolition si rapide. On n’est pas pressé de démolir un Colisée, qu’on disait trop vétuste pour y tenir des spectacles, mais pour réduire à néant deux bâtisses plutôt bien entretenues du gouvernement fédéral, on était pressés en sapristi, vous ne trouvez pas?

Bon, peut-être étaient-elles bourrées d’amiante ces bâtisses? Encore là, de ce que je sais, le problème avec les édifices où il y en a, c’est quand on les démolit justement. Tant que l’amiante reste dans les murs, ça ne cause pas vraiment de problème, alors cette raison ne tiendrait pas.

Il me semble qu’on aurait pu tenter de reclasser ces bâtiments. Je ne sais pas, mais ça aurait pu faire des chambres d’étudiants, des condos, des appartements ou un hôtel. Ils auraient pu simplement demeurer des bureaux. On aurait pu s’en servir comme centrale de police temporaire lorsqu’on va démolir celle du parc Victoria qui est de l’autre côté de la rue. On aurait pu en faire un îlot d’agriculture urbaine intérieure pour jeunes cools et branchés. En plus, le gouvernement fédéral n’a pas la réputation de laisser tomber en ruine ses édifices alors où était le problème? Mais les mettre à terre, ça ne pressait vraiment pas… Alors pourquoi?

À moins qu’on tente de cacher quelque chose aux électeurs et qu’au lendemain de l’élection, on ressorte des boules à mites le projet de SRB, qu’on appellera dorénavant le Bus rapide de service (BRS). Mais ça, ça voudrait dire que toutes les consultations qu’on a faites sur le transport public étaient en fait bidon et que les dés étaient pipés depuis le début… Et ça, si jamais c’est le cas personne dans l’administration municipale ne l’avouera jamais.

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