Sabrina Sirois
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Ariane Tessier-Moreau : Navigatrice dans l’âme

 

Québec — Ariane Tessier-Moreau a trouvé avec ÉcoMaris un endroit où elle réunit ses trois passions : la voile, l’environnement et l’enseignement. Capitaine du Roter Sand, elle et son équipage participeront au Rendez-vous 2017 qui se tient du 18 au 23 juillet à Québec.

Pourquoi avoir décidé de participer au RDV 2017?

L’événement est organisé par l’organisme Sail Training International dont on est membre. Le navire appartient à ÉcoMaris qui est un organisme à but non lucratif. C’est notre 5e année d’opération sur le fleuve. Notre objectif était de faire l’acquisition d’un grand voilier pour en faire un navire-école afin de rendre disponibles le fleuve Saint-Laurent et la voile traditionnelle aux Québécois. Notre modèle est basé sur une structure qui existe à l’international. Ça allait de soi qu’on y participe. En plus, on est le seul bateau québécois participant.

Avez-vous fait la course?

Non. On opère notre navire le Saint-Laurent, et ce, à partir du printemps. Côté logistique, on n’aurait pas pu se rendre en Europe pour y participer. On va simplement rejoindre les navires à Québec. On prend part à la portion cabotage à partir de Caraquet (NDRL : du 30 juin au 2 juillet).

Avez-vous des apprentis matelots à bord?

Oui. On a un programme qui s’appelle Cabestan pour les 18 à 35 ans qui sont sans emploi et qui auraient un intérêt pour les métiers de la mer. C’est un programme qu’on a développé avec Emploi-Québec depuis les trois dernières années. À Caraquet, on embarque un groupe de cadets de la marine canadienne. Puis, on aura d’autres cadets de la marine notamment à Québec.

Ariane Tessier-Moreau : Navigatrice dans l’âme

Le Roter Sand

Vous en êtes à votre 5e année d’opération sur le Saint-Laurent. Comment ça va?

Ça va très bien. C’est un nouveau produit sur le fleuve. Il y a eu d’autres tentatives similaires, mais ce n’est pas évident pour toutes sortes de raison de mener un projet comme ça. Il y a énormément d’intérêt. Les gens sont super contents. On a l’impression de changer des vies avec les jeunes par le biais des stages, et même, les gens qui ont parfois des révélations à bord.

Qu’est-ce qu’il y a de particulier à être à bord d’un voilier?

J’ai l’impression qu’on retourne à l’essentiel. La notion de l’espace sur le bateau est un gros enjeu. La tolérance envers les autres et la vie en groupe est très importante. On travaille ensemble pour un même objectif soit de faire avancer le bateau. Ça permet de sortir de sa zone de confort et de découvrir qu’on est capable de faire des choses qu’on n’aurait pas cru possibles. C’est très puissant. Ça donne de la confiance et ça propulse pour la suite des choses.

Depuis combien d’années faites-vous de la voile?

C’est une affaire de famille. J’ai commencé sur de plus petits bateaux. Mon père fait de la voile. J’en fais de manière professionnelle depuis 2010. Aussi, je l’enseigne. Je me suis impliquée avec ÉcoMaris en 2009, donc avant l’acquisition du bateau. Je rêvais de lancer un projet qui allierait la voile avec une mission sociale ou environnementale. Grâce à ÉcoMaris, j’ai eu la chance de partir sur d’autres grands voiliers. Lorsqu’on a fait l’acquisition du navire qui est allemand, j’ai fait la traversée. Je suis à bord depuis qu’on opère.

Quel est votre rôle à bord du bateau?

J’ai la responsabilité de la sécurité du navire, de ses occupants, d’un peu de tout finalement. Je navigue avec un équipage qui est très compétent. On est 4 à bord. J’adore enseigner. Je supervise la maintenance, la navigation. Et je prends les décisions!

Qu’est-ce que vous aimez de votre travail?

J’ai choisi ce travail parce que c’est extrêmement diversifié. Un bateau à voile c’est un peu comme une petite ville. On fait de tout. Comme capitaine, j’ai appris à faire de la psychologie, de la mécanique, de la couture, de la plomberie, de l’électricité, de la menuiserie, de la météo et de la physique. Le fait d’être sur un navire-école a une valeur ajoutée parce que ça me permet de partager ma passion, de permettre à des gens de découvrir le fleuve et de parler d’environnement. C’est toujours extraordinaire de voir les premiers contacts des néophytes avec le monde marin et les beautés de la nature.

Info. : ecomaris.org / rdv2017.com

Photo : Courtoisie

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