Sabrina Sirois
Home À la Une Quoi qu’on dise: Le futur n’est plus ce qu’il était

Quoi qu'on dise par Martin Claveau: Au voleur

Il y a une «business» qui se développe à Québec. Celle de faire croire aux gens que les bâtisses et espaces publics qu’on architecture seront de merveilleux havres de bonheur et de sérénité. C’est insidieux, car on nous présente ces emplacements avec des images où tout le monde est beau et bien fringué. Dans ces endroits de rêve, les femmes sont bien proportionnées et les hommes athlétiques. Ce n’est pas des blagues, même les vieux qu’on y insère parfois ça et là ont l’air de péter le feu.

Je ne sais pas qui conçoit toutes ces belles images dignes du paradis de notre religion cathodique, mais ça doit être payant, car elles se multiplient. Dorénavant, chaque projet de condos ou de maisons de ville a sa vidéo prémonitoire avec des pitounes et des douchebags qui ont tous l’air zen. Quand il s’agit d’un éventuel parc de la ville,  comme le futur parc Jean-Béliveau, ces images deviennent même carrément délirantes.

Un  autre exemple récent dont je me souviens était celui de la place des Canotiers. On nous présentait une vision féerique de ces futurs Champs Élysées pour croisiéristes.  Selon ce qu’on y voyait, l’endroit devrait devenir une méga porte vers une autre dimension. Sur cette fresque irréelle, on ne distinguait que des déesses et des dieux déambulant sous un fin brouillard vaporisé par des brumisateurs, sous un soleil radieux et par une journée sans vents.

Le hic, c’est que ces conditions sont généralement réunies à Québec quatre jours par année tout au plus. Ajoutons qu’au moment où nos croisiéristes bénis débarqueront à l’automne, eh bien il fera froid. De toute façon, même en été, dans le port, il vente à écorner les bœufs. Je suis bien placé pour en parler, puisque j’y affronte le Nord est chaque jour pour aller chercher ma fille à la garderie. On peut donc présumer sans trop se tromper que nos passagers de luxe se feront défriser le toupet, quand ils feront escale à cet endroit divin.

Rappelez-vous aussi, ces images de nymphettes en robes de cocktail dans un Centre Vidéotron plein et spacieux où l’on retrouvait à peine quelques personnes accotées au bar. Eh bien, encore une fois, la réalité nous rattrape vite! La dernière fois que j’y suis allé, j’ai fait la file durant 20 minutes pour obtenir une consommation et il n’y avait aucune championne qui portait des souliers Louboutin à côté de moi. Non vraiment, le futur n’est plus ce qu’il était…

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